jeudi 8 octobre 2015

Le FN annonce : " Ambiance de guerre civile à Clamart (92)" *


Incrédulité d’abord : « Non, ce n’est pas possible ! ». Questionnement : « Que s’est-il passé, en fait ? ». Dérision : « C’est une  galéjade, comme d’hab ! »
En fait, c’est le gros titre d’un tract bien réel, distribué un samedi matin du début septembre dans notre rue piétonne : il faisait référence à une échauffourée, il y a quelques mois, entre deux bandes rivales de Clamart et Meudon.
On aurait pu penser que par ce titre outrancier, le FN souhaitait : frapper les imaginations ? Susciter de l’intérêt ? Introduire un débat ? Peut-être même marquer un soutien aux familles qui ont pu craindre un moment pour leurs enfants… ?
Mais non ! Autour de la photo de Marine Le Pen, le texte martèle ensuite, au premier degré, que : « cette situation de guerre civile est inacceptable ! ». Bigre ! Mais c’est bien vrai que c’est inacceptable…
Alors, là haut, dans le quartier de La Plaine, j’ai cherché – car c’est cela la guerre civile - les restes de barricades (probablement enlevés par le service des encombrants ?), les douilles par terre, les impacts de balles sur les murs, les sacs de sables pour protéger les entrées, les canons de fusils dépassant des fenêtres, les snipers sur les toits, etc, etc… RIEN, je n’ai rien trouvé….
Depuis des années, de jour comme de nuit, je vais dans ce quartier, pour des rendez-vous médicaux à la clinique, chez des amis, pour divers événements au centre culturel, pour des campagnes électorales sur la place Césaire, dans la cité Trivaux, pour aller jusqu’à Vélizy II, etc...
Les habitants du « Haut-Clamart », qui y vivent normalement avec les soucis et les combats du quotidien, avec les problèmes délicats que posent parfois certains groupes, risquent de n’avoir pas tout  perçu de cette « ambiance de guerre ». Ce doit être pour cela que ce tract a été distribué dans le « Bas Clamart » !!
Pourtant, « Marine » (c’est le seul nom que l’on trouve sur ce tract !) insiste : « les affrontements entre bandes criminelles sont devenues choses courantes » !! Suivent ensuite les termes chocs du catéchisme frontiste : quartiers abandonnés, zone de non-droit, tolérance zéro, délinquants étrangers, autorités publiques incompétentes, etc, etc.
Or il faut être de mauvaise foi et n’avoir jamais mis les pieds à La Plaine pour prétendre que ce quartier a été laissé pour compte ! Depuis longtemps, les équipes municipales de droite comme de gauche, ont conduit de  très importants programmes d’isolation thermique (tous les immeubles), de réhabilitation (tous les logements sociaux), de reconstruction (cité Bourgogne), de créations (parc paysager). D’autres sont prévus (Campus scolaire de Trivaux). Des lieux culturels et administratifs y ont vu le jour, et sont assidûment fréquentés !
Mais revenons à la « guerre civile ». Il ne s’agit pas de minimiser ces événements violents (des armes ont été utilisées) liés aux bandes, et qui ne sont pas les premiers.
La police était présente et elle a fait son travail. Mais le FN met en doute la compétence de la force publique puisque son  tract hurle en gros caractères (encore !) : « Arrêtons le massacre ! ». Or, justement, il n’y en a pas eu …
La méconnaissance du contexte et l’outrance des propos contenus dans ce tract passe-partout montrent les limites de l’idéologie frontiste : en somme, lorsque la réalité manque de relief, les « écrivains » du  FN la repeignent aux couleurs de leurs arguments mortifères.
M. Walleyrand de Saint-Just est tête de liste du FN pour les élections régionales en Ile –de-France : or il vient d'être mis en examen pour recel d'abus de biens sociaux. En exigeant avec ostentation la « tolérance ZERO », le FN court un sérieux risque de se saborder lui-même !

Comment faire confiance à ces gens ?


* Cet article a été publié sur le blog du mouvement citoyen IDClamart ( http://idclamart.fr) 

mercredi 18 mars 2015

La France, un pays de merde ? Zlatan, non, mon garçon, non !

Tu t’es énervé contre dieu sait quoi (le foot, le rugby,  cela ne me tient pas en éveil !) et ils sont tous à te montrer du doigt : des journalistes avec des sous-entendus pesants, certains politiques avec des airs de personnage outré devant tant d’ingratitude, l’extrême-droite avec des airs qui cachent mal l’impitoyable « salaud d’étrangers … » ! 

Et l’on ne parle, dans les médias, que de cette phrase d’une banalité à hurler, que chacun  entend pourtant si souvent au café, au boulot, à la télé, sur les réseaux sociaux et dans la vraie vie !Mais ce que tu ignores peut-être, c’est que d’éminentes personnes nous disent intentionnellement la même chose depuis des années mais sous des formes un peu plus présentables ! Et l’approche d’une élection présidentielle n’y est certainement pas pour rien !

Qui ? Des économistes ou politologues « ultra-libéralismement »  bien pensants ; des grands et moyens patrons qui nagent dans « les eaux glacées du  calcul égoïste » (ça, c’est emprunté à Marx !) ; des édiles frustrés, mais en attente de jours meilleurs où pourraient refleurir leurs privilèges et pouvoirs perdus ; des personnalités politiques de la précédente mandature présidentielle et  qui ont pourtant  considérablement alourdi dettes et déficit du pays ; etc…etc..

Sache, Zlatane, que certains disent même qu’ils veulent quitter ce pays de m… ! Pour où ? Pour ailleurs ! Mais ils ne partent jamais ! Pas fous, quand même ! Toi tu t’es énervé, tu avais probablement tes bonnes ou mauvaises raisons, mais je te crois quand tu dis que tu aimes notre pays et que tu t’y trouves bien.

D’ailleurs tu n’es pas le seul, d’autres et non des moindres, y trouvent aussi leur compte : on sait depuis une semaine que, chez nous, le nombre des investisseurs étrangers en 2014 est en augmentation significative, en particulier du fait des américains ! Si, si, c’est vrai !!

On sait aussi que le nombre d’investisseurs en France est stable depuis de nombreuses années. Les récentes années de crise n’avaient même pas fait fuir tout le monde ! Pourtant, sans être aussi direct que toi, ils en disent de « belles » sur leur propre pays :

Que nous sommes une nation ringarde, que nous avons une mentalité d’assistés, que nous brimons nos entreprises, que nous n’aimons pas ceux qui créent, que nous détestons ceux qui réussissent, que nous sommes un peuple d’égoïstes et de fainéants !

« Ils » sont même allés chercher un mot anglais (ça frime mieux !) pour désigner leurs paroles venimeuses : le « french bashing ». Mais tu comprends l’anglais, toi ! En fait s’ils te font la leçon, c’est pour masquer leur duplicité…


Bien sûr, Zlatan, il vaudrait mieux ne pas dire ce que tu as dit, comme tu l’as dit ! Mais je ne t’en veux pas ; sur notre sol, on a aussi le droit de s’énerver, d’exagérer, de blasphémer ! 

Et en principe chacun sait accepter la liberté de l'autre, dans le respect des principes bien sûr! Enfin en principe!

lundi 16 mars 2015

"... baiser la babouche ! "



Le leader du Modem a le sens de la formule, il l’a encore montré le dimanche 08/03/15. Comme à son habitude, il s’élevait contre le système de la Vème République, qui a créé une bipolarisation mortifère pour notre démocratie.

On ne peut lui contester ce combat et cette lucidité, qui sont d’ailleurs tout à son honneur. Quand il défend l’instauration d’une dose de proportionnelle après avoir constaté que « ceux qui veulent être élus doivent aller baiser la babouche » d’un des deux  partis dominants (ce qui est vrai !), il a raison !
Mais lorsque Yves Thréard, le journaliste, lui demande du tac au tac : « là, vous parlez de l’UDI ? », François Bayrou botte en touche, il ignore la question ! Mais bien sûr qu’il parle de l’UDI, et aussi, hélas, de son propre parti, le Modem.

La charte, dite l’ « Alternative », signée le 5 Novembre 2013 entre les deux petits partis annonce : l’alliance avec le PS (…) est impossible, la droite républicaine est naturellement notre partenaire politique. Pas la gauche sociale- démocrate, alors ? Pourtant, la charte donne une réponse à cette question : le pays a besoin d’une large majorité réformiste (…) allant jusqu’aux sensibilités écologistes et sociales-démocrates !

Des mots, toujours des mots ! Car, dans la réalité, aux municipales de 2014 déjà, sous la pression de l’UDI souvent instrumentalisée par l’UMP, le ménage électoral a été fait par la direction du Modem : les projets d’alliances avec des « sensibilités écologistes et sociales-démocrates » ont été drastiquement désavouées voire sanctionnées !! On peut citer des noms dans des petites et grandes villes, voire de  très grandes !!

Les édiles locaux du Modem sont, dans leur grande majorité, élus grâce à un soutien de l’UMP. Et les élections, c’est naturellement, leur affaire…L’investiture du parti a essentiellement été octroyée à des alliances à droite (républicaine ou non, on ne va pas chipoter !), et globalement refusée à des militants du Modem qui avaient travaillé à des consensus avec des rassemblements à gauche !

Parmi les dommages collatéraux de cette allégeance à droite, figure  la  disparition de structures locales du Modem qui n’ont pas résisté  à l’humiliation de voir leur propre parti soutenir localement leur adversaire électoral (généralement piloté ou soutenu par l’UMP, en particulier dans le 92 !)
Mais pour ces militants, dans les Hauts de Seine, l’horreur électorale se matérialise maintenant avec  les élections départementales de dimanche prochain, 22 mars 2015 :

-         aucun binôme candidat dans le 92 n’affiche une appartenance au Modem. Exit le Modem !

-         par contre le logo Modem sur les tracts de l’UMP/ UDI témoigne du soutien de nos instances nationales à la droite affairiste et parfois louche du département. L’image oui, de véritables adhérents du Modem, non ! Consigne Sarkoziste ?

-         l’investiture du Mouvement a été refusée à un binôme de militants démocrates de Courbevoie, dont l’un est conseiller municipal !

Mais revenons donc au Calife (familièrement nommé, plus haut, UMP…) ! À trop baiser sa babouche, il n’y aura donc aucun conseiller départemental- 92  Modem !

Que dit encore la charte UDI*Modem ? Les élections locales obéissent à une logique de territoire(…). Nous en tiendrons compte en examinant ensemble la situation ! À ce moment-là, les municipales étaient en vue ! Mais, pour les départementales, alors, nos propres « alliés » nous auraient-ils rayés de la carte ? L’ « Alternative », c’est, semble-t-il, très dangereux pour la santé du Modem !

À moins que les tenants de  l’ « aile de centre droit » du Modem n’aient réussi à le dissoudre dans le marigot électoraliste de la droite, ce qui confirmerait qu’ils ont peu à peu tué l’aspiration de notre parti à l’indépendance constructive et au rassemblement au-delà des étiquettes. Ils vont donc renforcer la bipolarisation, mais évidemment la charte prétend vouloir le contraire…


Ils ne pensaient qu’à la « babouche » en rédigeant l’Alternative (sic),  mais, décemment, il fallait le cacher le plus possible ! 

dimanche 4 mai 2014

Et maintenant, l'Europe, l'Europe, l'Europe...



Traité de Maastricht- 20 septembre 1992.

Avec ma fille, fraîchement diplômée de l’ENSAE, nous nous étions penchées sur le texte  du traité soumis à référendum. Le principe d’’indépendance de la BCE, qui échappait ainsi à tout contrôle institutionnel ou démocratique, nous avait horrifiées.

Nous ne savions pas encore que c’était l’aboutissement d’un long processus initié vingt ans auparavant avec l’interdiction faite aux États, par les états eux-mêmes, d’emprunter à leur propre Banque Centrale.
Nous avions la possibilité de dire non, alors nous l’avons fait. Mais ça n’a pas suffi…

Traité pour une Constitution Européenne - 29 mai 2005.

La BCE vivait sa vie et les États leurs déficits et endettements, au frais des contribuables mais au bonheur de leurs réseaux de banques nationales ou internationales.

Nouveau référendum au sujet de l’Europe ! Avec Flo, stabilotage et soulignage furent de nouveau les mamelles de notre intense réflexion. Et là, nous avons rencontré le grandiose « Chapitre III » et son principe phare : « la concurrence libre et non faussée ». Belle utopie destinée à camoufler l’essentiel : verrouiller le système  économique de l’Europe pour et par les grands intérêts financiers. On y trouvait les principes draconiens du FMI d’alors, ceux qui avaient en partie provoqué les crises argentine, asiatique, russe (entre autres…) de la décennie précédente ! On nous demandait donc d’inscrire dans le marbre d’une « Constitution », une organisation de l’Europe sous sa forme « ultra-libérale » ou néo-libérale, comme on voudra !

Non, merci ! Mais cette fois nous avions gagné (à 55%) ! Enfin, gagné, oui, mais provisoirement… Les banques florissantes et ostentatoires avaient un ami, il s’appelait Nicolas Sarkosy et il leur devait beaucoup….Il inventa une arnaque et fit passer le traité – qui du coup devint traité de Lisbonne – par le parlement en 2007…

….Juste à l’époque où s’installait dans le monde une très grave crise financière faisant des millions de laissés pour compte dans certains pays, des économies nationales exsangues parfois et des États sommés de payer pour l’irresponsabilité de leurs banques après avoir au fil des ans démantelé les règlementations et les contrôles publics, pour leur complaire (aux banques !).

L’Europe devant nous.

Et pourtant elle a avancé, l’Europe ! Mais attention, la tâche est encore immense, en particulier sur les questions d’harmonisation sociale et fiscale Nous n’étions pas anti-européennes, mais nous ne voulions pas celle qu’on nous « proposait » !

La paix en Europe : 
Dans le contexte actuel où notre remuant voisin russe semble se laisser aller à des visées expansionnistes, on peut tout de même rappeler  que l’Union Européenne a été un catalyseur de paix pendant soixante dix ans et qu’il est rassurant pour nos petits pays de faire partie d’un ensemble plus vaste et donc plus fort !

Le vieux continent :
C’est l’Europe (à peu de chose près : les russes etquelques petits états !!) !  Au fil des millénaires, nous nous sommes tellement battus, déchirés, réconciliés entre-dévorés, mutilés, alliés, dépouillés, insultés, humiliés les uns les autres, que cela crée des liens indéfectibles ! Il ne nous reste donc plus qu’à expérimenter l’ère de la sagesse. Mais que serions-nous sans notre perfide Albion (et sans les petites anglaises…) ou sans notre Wolfgang Amédéus, notre Léonard, sans Marie Slodowska, sans Marcello et tant des « nôtres », européens ?

L’Amérique, nous perçoit bien souvent comme un bloc monolithique et même socialiste  (un comble !), bien des réfugiés d’Afrique ou d’Asie risquent leur vie pour rejoindre l’Europe. Si le citoyen européen reste à construire, le mot « européen » a un sens pour nombre de gens qui n’habitent pas en Europe ! Mais à l’extérieur de nos frontières, nous avons une identité, nous sommes des européens ! Et en plus nous avons une monnaie stable et forte, qui compte dans le monde !!

L’euro :
Il est, directement ou indirectement(en Afrique et dans le Pacifique)  la monnaie de pas loin de cinquante pays,   il est devenu en peu d’années une des deux monnaies de référence dans le monde et de nombreux états l’utilisent dans leurs réserves monétaires.

 Il a apporté stabilité tant sur le plan du système de change que sur celui des prix : certains d’entre nous se rappellent des dévaluations agressives dans « une  guerre des monnaies » qui  favorisait une forte inflation (inflation à deux chiffres) !! Il y a trente ans, pour se couvrir, les banques nous prêtaient  à des taux de l’ordre de 15% ou plus ! Les intérêts multipliaient par deux ou trois le prix d’un logement, en ce temps là ! C’était de la folie !

Dans la grave crise financière de 20082009, les autres monnaies de l’Union, parfois gravement attaquées, ont pu bénéficier des mécanismes de solidarité européens. Les pays de la zone euro ont été bien moins  touchés que d’autres  par les produits toxiques.

Les transactions en euros ont largement pris le dessus comme monnaie internationale dans toute l’Europe et de plus en plus au-delà (pays méditerranéens, Afrique)

Le secret bancaire vacille, l’Union Bancaire prend son vol :
 Les états ont pris conscience que la fraude fiscale est un fléau qui plombe  à peu près toutes les fiscalités nationales. Sous leurs pressions, le secret bancaire a été largement écorné. Les pays commencent à récupérer des sommes considérables.

L’Europe est allée plus loin pour nous prémunir de l’irresponsabilité de certains organismes bancaires : il a été créé une « Union Bancaire », alimentée par les banques elles-mêmes, dont un des rôles essentiels sera d’assumer  toutes les conséquences, y compris financières, en cas de crise générée par l’une d’entre elles. En Europe, ce n’est donc plus l’État (donc le contribuable) qui refinancera les banques en faillite, mais … les autres banques !

Ce ne sont que quelques éléments, bien sûr, mais sur ce sujet  je vous recommande le remarquable  livre d’Olivier Barthalon, « L’euro, dix ans après », chez « L’Harmattan ».

L’Europe n’a pas de déficit financier, certes, mais je sais bien qu’il en est d’autres tout aussi graves : déficit démocratique, dumping social, dumping fiscal… On les aurait de toutes façons s’il n’y avait pas l’Union Européenne, mais sans l’espoir que cela puisse s’améliorer !


On commémore cette année la Grande Guerre de 14, la fin de la Seconde Guerre mondiale. Lorsque je regarde ce que montrent  les documentaires à ce sujet à la télé, je me dis qu’avec l’Europe, finalement, il y a du boulot, mais ça vaut le coup…

jeudi 10 avril 2014

Les grenouilles** dissidentes ?



« L’UDI et le Modem existent grâce à l’UMP !  Je ne veux pas d’un centre droit ! » :
C’est le titre que Le Nouvelobs.fr donne à un article d’Olivier Nataf, président de la Fédération Modem d’Amérique du Nord, qu’il a publié (le 06 avril 2014, Centristes, n'ayez pas peur) sur son blog. En  grande majorité, en effet, les « élus Modem » l’ont été sous la tutelle de l’UMP.

Les membres du Modem, comme nous à Clamart, qui avaient travaillé à des consensus avec  la gauche n’ont pas eu l’investiture de leur parti, n’avaient pas non plus le droit d’utiliser leur appartenance à leur propre parti !! Lorsque certains ont été élus, malgré tout, sur des listes de rassemblement de gauche, quel est le statut que leur parti leur reconnaît ? Mystère !

Dès la signature de l’alliance « Modem-UDI » en Octobre 2013, la charte contenait ces phrases : « L’alliance avec le PS est impossible » et « la droite républicaine est naturellement notre partenaire politique ». Pas la gauche républicaine donc, bien que ce texte, un peu plus loin, n’exclue pas d’aller jusqu’aux « sensibilités sociales-démocrates » ! 
 
Tout au long  de la campagne municipale, dans certaines communes, on a souvent assisté  à une bataille autour du logo du Modem, différentes listes de gauche ou de droite, dans une même ville, se réclamant de l’appui du Modem. Pourquoi cette chose dérisoire, le logo, a-t-il été un enjeu ?
Parce que nous étions de plus en plus perçus pour ce que nous étions devenus sur l’échiquier politique : une force petite mais indépendante et crédible qui, outre quelques voix supplémentaires, donne à une liste une caution d’esprit de responsabilité et de sérieux !

On peut mesurer l’évolution qui s’est faite à notre sujet lorsqu’on se rappelle  que récemment encore certaines directions locales ou nationales de partis de gauche nous désignaient comme un parti de droite, donc pas fréquentable !!

En fait, le texte signé par JL.Borloo et F. Bayrou a servi à piétiner ce que nous, les militants, avons essayé de construire pendant sept ans : l’identité du Mouvement Démocrate, celle de l’indépendance et du refus des tutelles des grands partis, celle de la recherche des consensus en fonction de nos principes et de nos objectifs, celle du rassemblement par delà les clivages contre-productifs du paysage politique bipolaire.

Le « stock » d’élus Modem était déjà largement le résultat de contre-parties avec la droite ! La sensibilité de centre droit est très fortement représentée autour de François Bayrou. Nos amis du centre droit, ont pu imposer leurs vues clientélistes et à la faveur des difficultés et échecs gouvernementaux de gauche (évidemment, pas de droite, cela leur paraissait plus cool à cette époque-là… !!), imposer le retour du Modem dans le giron de la droite !

Pourtant, hélas, selon les communes, la droite n’est  pas toujours aussi républicaine qu’on pourrait le souhaiter. On peut regarder de près les alliances à droite dans le 92 (entérinées sans état d’âme par notre mouvement) : Devedjian voulait « nettoyer les écuries d’Augias », mais c’était jadis…

Maintenant, dans ce climat de déconstruction du Modem, où va-t-on ? La direction nationale, après avoir entendu le discours de Hollande sur le redressement de la France en janvier, et  le discours d’investiture de Manuel Valls, mardi dernier, va-t-elle  s’opposer au gouvernement tout de suite parce que les résultats ne sont toujours pas là ?

Qu’aurait fait F Bayrou, s’il avait eu à prendre la tête du gouvernement : aurait-il récusé les 50 milliards d’économie ? tu la nécessaire simplification du millefeuilles des collectivités territoriales ? re-défiscalisé les HS ? Aurait-il supprimé la suppression prévue des prélèvements familiaux pour les entreprises?  Bien sûr que non ! Il aurait tâtonné, lancé des débats, probablement fait des erreurs, été maltraité à droite et à gauche et aussi perdu en popularité !

Il y a une anomalie de la pensée, chez certains, à croire que les comptes de la nation, le problème du chômage, celui du pouvoir d’achat puissent être résolus en deux ans, par l’opération du Saint-Esprit (probablement )!!
  
Où est-elle passée, au Modem, cette idée que la situation était trop grave pour s’enliser dans le combat des uns contre les autres, idée illustrée par le choix de François Bayrou pour Hollande au second tour de la présidentielle ? Les orientations que l’on voit poindre aujourdhui à la tête de l’Etat sont-elles profondément opposées à celles que nous défendons ?

Nos amis ont conduit notre mouvement à renforcer l’odieux clivage bipolaire qu’ils ont pourtant dénoncé pendant plusieurs années ! Et pourquoi ? Pour avoir un peu plus d’élus (6 maires au lieu de 3 dans les villes de plus de 30000 ha !!) ! L’élection de quelques barons locaux doit être, semble-t-il plus importante que d’appuyer des réformes possibles et souhaitables pour sortir le pays de l’ornière !

Au sein du Modem, on ne m’a pas dit comme à Olivier, que j’étais une « romantique à deux sous », mais je l’aurais préféré je crois ! On m’a dit que nous étions « en dissidence » ! 

Pourtant, mes copains et moi, nous n’avons pas changé brutalement en Octobre 2013, de logiciel politique : moi, grenouille démocrate (plutôt que centriste), je suis restée dans la brouette de F.Bayrou, ce sont les « grenouilles » de centre droit qui ont sauté par-dessus bord !! 



Annie-France Abéasis


**François Bayrou a, dans un discours, expliqué que : « conduire un parti centriste, c’était conduire une brouette remplie de grenouilles, il s’en trouve toujours quelques-unes pour sauter par-dessus bord ! »

jeudi 3 avril 2014

Blog et Premier Ministre en cours d'installation...

Le blog c’est le mien, grâce à l’aimable complaisance d’un jeune ami patient et pédagogue. Le premier ministre c’est Manuel Valls, comme conséquence de l’effronterie d’un électorat mécontent, impatient et versatile !

La claque des municipales est sévère pour la gauche, et à n’en pas douter, elle était attendue ! Mais y a-t-il un exemple où le président élu n’ait pas été plus ou moins chahuté au voisinage du  mi-mandat ?

Même De Gaulle, après avoir testé, en 1962, les délices d’un référendum à 62% de oui et d’une législative, pour la première fois  au scrutin majoritaire ( lui donnant une majorité absolue au parlement !) : en décembre 65, patatras, il sera élu président mais pas au premier tour ! Et deux ans et demi plus tard, cela nous emmène au mois de mai 1968…. Vexé, il démissionne en 1969 !

Giscard n’y a pas coupé : élu en 1974, il affronte une gauche majoritaire aux Municipales de 1977. Mais les meilleurs ce sont Mitterrand (1981) et Chirac (1995), car eux, malgré les déroutes municipales et les cohabitations, ont été ré-élus !

En 86, déroute de la gauche aux législatives, première cohabitation avec Chirac. Mitterrand est de nouveau élu, en 88 ! Mais en 93, victoire massive de la droite aux législatives, deuxième cohabitation avec Balladur !

Voyons Chirac, maintenant : en 97, il offre une dissolution de rêve à la gauche qui en profite sans vergogne ! En avant pour la troisième cohabitation avec Jospin, qui ne fait pas que des heureux puisque la gauche perdra de nombreuses villes en 2001. Alors Chirac est ré-élu en 2002, après les péripéties que l’on sait. L’échec sévère de la droite  viendra en mars 2005 aux Régionales et Cantonales. 

Pour l’UMP Sarkosy, élu en 2007, cela se gâte très vite après son remariage et on a une carte de France toute  rose  aux régionales ! Et le socialiste Hollande en 2012.

Avec un tel palmarès pour notre peuple et un tel rythme électoral, était-il possible que les Municipales 2014 ne consacrent pas une déroute de la gauche aux Municipales ?

Plus grave, la démocratie se joue sur un rythme binaire, ça va, ça va plus. L’électorat ne donne plus que son humeur, une élection n’est plus ressentie collectivement comme un engagement responsable ; en fait, l’élection est considérée comme un sondage ! On se lâche !

Est-il normal qu’un gouvernement doive faire ses preuves en quelques mois ? Redresser les comptes de la nation : allez,  20 mois ; diminuer le chomâge : 25 mois (les mêmes que pour les comptes !) ;  surmonter la crise du logement : 35 mois ; remettre du pouvoir d’achat, tout de suite !

La vie politique nationale et locale est confrontée à des hurlements, des cris et des chuchotements qui dénaturent complètement son rôle : l’outil « démocratie » ne sert plus qu’à détruire, déstabiliser, accuser, soupçonner,  montrer ses muscles !  Tous les coups y sont permis ! Les élections ne sont plus que stratégie pour reprendre le pouvoir. Elles nous donnent régulièrement le score du match. En attendant le prochain !


Et l’abstention est un cri de désespoir.